Films et reportages · 2022
Une vie de judoka
France Judo — Fédération Française de Judo et Disciplines Associées
Co-réalisation · Storyboard
- 11 tableauxÉcrits avant le tournage
- 4′59″Durée du film livré
- 3 joursDe tournage, avril 2022
- Parc de MaulévrierPlus grand jardin japonais d'Europe

Le projet
Un parc japonais à Cholet, un tatami posé sur l'herbe, et onze tableaux qui racontent une vie entière, du premier kimono remis à un enfant à l'échange entre hauts gradés. Le clip de rentrée de France Judo ne montre ni compétition, ni dojo, ni palmarès. C'était le parti pris : parler du judo par ses symboles plutôt que par son sport.
Clip de la campagne de rentrée 2022/2023 de France Judo, tourné au parc oriental de Maulévrier avec Thierry Marx. Onze tableaux racontent une vie de pratique, du premier kimono aux hauts gradés.
Le parti pris
Une fédération sportive qui fait son film de rentrée montre en général ce qu'elle sait montrer : des combats, des médailles, un dojo plein. C'est efficace pour parler aux pratiquants, et beaucoup moins pour parler aux parents qui hésitent à inscrire un enfant.
La proposition a été de sortir entièrement de ce registre. Pas d'image de compétition, pas de salle. Un parc, un cycle de vie, des gestes de transmission (la remise d'un kimono, celle d'une ceinture, une marche à trois sur un pont). Ce que le judo apprend plutôt que ce qu'il fait gagner.

Le lieu comme propos
Le film est tourné au parc oriental de Maulévrier, à Cholet — le plus grand jardin japonais d'Europe. Le choix n'est pas décoratif : il installe en un plan l'origine japonaise de la discipline, sans avoir à l'expliquer. Le pont lune rouge, les cerisiers, l'étang aux carpes et le viaduc font le travail qu'aurait demandé une voix off.
Le lieu est nommé à l'écran dès le deuxième plan. C'est une manière de dire au spectateur que ce décor est réel, un jardin français, pour un sport qu'on croit lointain.
Le choix du parc n'est pas seulement plastique. Un jardin japonais se parcourt dans un ordre qui raconte déjà une vie : la circulation de l'eau y figure la course du soleil et le passage d'un âge à l'autre, l'étendue du lac la vieillesse et la sérénité. C'est cette lecture, notée dès la première page du storyboard, qui a donné sa structure au film.




Onze tableaux, écrits avant le tournage
Le storyboard a été construit comme une suite de tableaux, chacun avec son décor, son intention et son mouvement de caméra. Lus à la suite, ils dessinent une trajectoire complète : de la première ceinture blanche à la transmission entre hauts gradés.
Le document énonçait trois objectifs dès sa première page : promouvoir le judo, donner un outil de communication aux clubs, un outil de promotion à la fédération. C'est cette structure qui tient le film, chaque plan sait pourquoi il est là et ce qu'il vient dire après le précédent.
- 01 — Introduction
- Entrée dans le parc au drone, ou gros plan de la nature au lever du soleil. Bonsaï, azalées, érables, rochers, cerisiers, lac, les symboles que l'on retrouvera tout au long du clip.
- 02 — Baby-judo
- L'enfant, en civil, marche le long d'un ruisseau naissant. Au bout du chemin, un professeur lui remet un kimono et sa ceinture blanche, puis lui prend la main pour l'emmener rejoindre ses futurs partenaires.
- 03 — L'éducation par le judo
- Cours sur les tatamis, le professeur corrige et accompagne. Plans serrés : sourires, kumikata, projections, puis plan large au drone.
- 04 — Passage de ceinture
- Le professeur retire la ceinture blanche de l'élève puis noue la jaune à sa taille. Plan sur le regard du professeur, puis sur le sourire de l'élève, soleil en arrière-plan.
- 05 — Découverte de la compétition
- Un arbitre lance le combat entre deux ceintures bleues. Le « hajime » audible, le kumikata bien visible, dans le cabanon le long du lac. Plan de drone au-dessus de l'eau, un ippon au ralenti pour finir.
- 06 — Vers l'avenir et la ceinture noire
- Le regard tourné vers la lumière, vers le pont lune rouge qui symbolise la ceinture noire. Depuis la maison de bois posée sur l'eau, le drone s'éloigne et remonte le lac en direction du pont.
- 07 — Ceinture noire
- Arrivée sur le pont au drone. Le professeur, ceinture noire pliée dans les deux mains, remet le premier dan à son élève ; ils se saluent, l'élève traverse le pont et arrive sur l'île. Symbolique du passage de la terre au ciel.
- 08 — L'âge adulte
- Quatre judokas s'entraînent sur les plaines du parc, accompagnés d'un professeur garant des techniques. Plans de drone, projections, ambiance d'entraînement compétitive.
- 09 — Perfectionnement du judo
- Passage de drone au-dessus du groupe. Un binôme exécute un kata avec armes, synonyme d'un niveau important dans le judo ; les autres travaillent au sol et debout.
- 10 — Sagesse
- Les quatre hauts gradés échangent en marchant vers le viaduc, au bout du parc, où se déroule la dernière scène.
- 11 — Renaissance
- Dernier plan du clip. Coucher de soleil dans le cercle du soleil, le viaduc en arrière-plan, ouvrant sur une nouvelle vie.
Du tableau à l'image
Le film livré suit la structure prévue. Chaque légende ci-dessous reprend l'intention écrite au storyboard ; l'image est le plan obtenu.




Le tatami dans le jardin
Un tatami turquoise posé sur l'herbe, sous les arbres : c'est l'image qui résume le parti pris du film. Le judo n'est pas déplacé dans un décor, il est rendu à son origine. Les projections y sont filmées en lumière naturelle, avec l'ombre des corps sur la surface — ce qu'un dojo ne permet jamais.




Thierry Marx
Le film est porté par Thierry Marx, judoka avant d'être chef, filmé en seiza sur fond noir. Ses interventions ponctuent les tableaux et donnent au film sa voix, le seul élément qui échappe au parc, et le seul qui parle directement.


La signature
Le film se referme sur la signature de la campagne : « Le judo, le meilleur sport pour vos enfants ». Tout ce qui précède sert cette phrase, c'est un film de recrutement qui ne dit jamais qu'il en est un.


Ce que j'ai fait sur ce film
Le clip est une co-réalisation avec Stéphane David, alors responsable de la communication de la fédération.
Ma part : le storyboard, écrit tableau par tableau avant le tournage ; l'intention de réalisation — le parc, le cycle de vie, le refus de la compétition ; et la direction d'une partie des tableaux sur les trois jours de tournage.
Un projet où ce qui est montré n'est pas un système graphique mais une conception en amont : une idée de film, écrite, puis tournée.
Crédits
Une production France Judo — Fédération Française de Judo et Disciplines Associées
Campagne de rentrée 2022/2023 — « Le judo, le meilleur sport pour vos enfants »
Avec — Thierry Marx
Co-réalisation — Stéphane David et Benjamin Corneau
Storyboard, intention de réalisation et direction des tableaux — Benjamin Corneau, 16 CREATION STUDIO
Cadre principal et montage — Dimitri Ferrer
Images aériennes — Benoît Chevalier
Tournage — 20 au 22 avril 2022, parc oriental de Maulévrier, Cholet
Format — 4′59″ · 1920 × 1080, 25 i/s
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