Habillage d'antenne · 2024
Judo Pro League
France Judo — Fédération Française de Judo et Disciplines Associées · Diffusé sur la chaîne YouTube France Judo et les écrans de salle
Direction artistique · Graphisme · Motion design · Habillage d'antenne
- 18 clubsEngagés dans le championnat
- Septembre → maiDeux jours de diffusion par semaine
- 127 rendusAu format 3584 × 896
- La Chaîne L'ÉquipeDiffuseur 2024
- RMC Sport CombatDiffuseur 2025-2026


Le projet
Direction artistique d'un championnat, du tapis à l'antenne : la couleur du sol, la palette, les tableaux du direct, le spectacle des écrans de salle et l'affiche de la saison, construits sur un seul système.
La première décision n'était pas graphique
La Judo Pro League n'existait pas. Elle a été créée à l'initiative de la présidence de la fédération pour donner au judo français un rendez-vous récurrent et régulièrement diffusé, une compétition que l'on suit, pas un événement que l'on découvre. Il n'y avait donc ni brief, ni image antérieure, ni codes à reprendre.
L’une des premières questions posées était la scénographie et notamment le tatami était au centre de cette réflexion. Le judo de compétition se pratique traditionnellement sur des tatamis bicolores, jaune et bleu, vert et orange, dont le contraste délimite la surface. Plusieurs coloris ont été proposés, avec le directeur de service, pour sortir de cette convention. Le choix retenu : un blanc immaculé, avec une seule bordure pour séparer l'intérieur de l'extérieur.
Le blanc n'était pas acquis. Il a fallu le proposer, le construire et l'argumenter jusqu'à ce qu'il soit retenu.
Un tapis blanc change tout ce qui vient après. Il renvoie la lumière au lieu de l'absorber, il détache nettement les judogis bleu et blanc, il donne aux caméras une valeur de référence stable d'une salle à l'autre, et il transforme la surface de combat en fond neutre sur lequel des couleurs peuvent enfin exister. La palette de la ligue a été construite ensuite, sur cette base.
Le judo par équipes empile plusieurs niveaux d'information en même temps : un combat individuel, un score d'équipe, une catégorie de poids, une place dans un tableau. Tout le reste découle de là, conçu comme un système de lecture avant d'être un système décoratif : chaque élément répond à une question que se pose le spectateur, et à une seule.


Faire exister une saison
L'objectif dépassait la diffusion d'une compétition : il fallait donner à des rencontres réparties sur neuf mois la forme d'un championnat. Une saison régulière, un classement qui se construit semaine après semaine, une phase finale qui la conclut.
C'est ce qui explique la place prise par les tableaux dans le système. Un classement général, des résultats de journée, un programme à venir, un arbre de phase finale : ce sont eux qui transforment une succession de rencontres en récit suivi. Un film pédagogique a été produit pour expliquer ce format au public au moment de son lancement.
Une matière, trois couleurs, une seule grille
Le bleu profond de la ligue tient le fond, le magenta signale ce qui change — le score, l'équipe qui marque, l'élément actif — et le blanc porte l'information à lire. Aucun élément n'introduit une quatrième couleur : les dix-huit clubs engagés apportent déjà leurs propres teintes, et le système devait les accueillir sans entrer en concurrence avec elles.
Les tableaux partagent tous la même grille : un bandeau de titre, une zone de données à interlignage fixe, la signature de la ligue en bas à droite. Changer de tableau ne change jamais la façon de le lire.
À l'antenne
Un habillage broadcast live n'est pas un habillage de post-production. Il n'est pas monté : il est déclenché, à l'instant où l'action le permet, par quelqu'un d'autre que son auteur. Six contraintes ont dicté la fabrication.
- Couche alpha obligatoire
- Tous les éléments d'incrustation sont exportés en MOV avec canal alpha : ils doivent se poser sur l'image sans fond, quelle que soit la caméra en direct.
- Durées courtes et fermées
- Quatre à six secondes pour une synthé, quinze pour un classement. Un élément qui dépasse la durée d'une action manquée devient un élément qui gêne.
- Cohabitation avec la salle
- Le tatami porte déjà l'affichage officiel de la compétition et les panneaux partenaires. Le bandeau se cale en haut à gauche, là où aucun affichage physique ne vient le doubler.
- Lisibilité en plan large
- Les corps de texte sont dimensionnés pour rester lisibles sur un plan de tatami entier, pas sur une capture d'écran d'ordinateur.
- Deux sorties, un seul rendu
- Le même flux part sur La Chaîne L'Équipe et sur la chaîne YouTube de la fédération : les corps de texte tiennent à la fois les contraintes d'un téléviseur de salon et celles d'un écran de téléphone.
- Deux chaînes techniques
- Les rencontres de la saison sont diffusées depuis un dispositif léger piloté sous vMix ; le Final Four passe par un car régie. Le même jeu de fichiers doit entrer dans les deux, sans conversion ni reprise : mêmes formats, mêmes durées, mêmes noms.


Le spectacle de la salle
La salle est équipée d'un écran de 3584 × 896 pixels, quatre fois plus large que haut, vu à trente mètres par un public debout. Les éléments de salle ont donc été recomposés, pas redimensionnés : une information par écran, des logos à l'échelle du lieu, des animations plus légères pour rester lisibles de loin.
Le dispositif couvre la présentation nominative de chaque athlète, l'affiche de chaque combat, l'annonce des actions marquantes du combat (ippon, waza-ari), les logos de club, les transitions et la célébration du champion.


Hors antenne
Le même système sort de l'écran : affiche A3 de la saison, déclinaison partenaires, format vertical pour les réseaux sociaux.


Fabriquer pour quelqu'un qui n'ouvrira jamais After Effects
Le système est fabriqué en amont, en quelques semaines, puis il tourne neuf mois avec deux jours de diffusion par semaine, trois à quatre rencontres, de septembre à mai. Pendant toute la saison régulière, personne ne rouvre After Effects, l'équipe de production déclenche les éléments avec vMix. C'est la chaîne de production qui décide si un habillage tient une saison entière ou s'écroule à la troisième journée.
Les projets After Effects sont organisés par famille : tableaux, cartouches, phase finale, écrans de salle. Les données sont isolées dans des compositions dédiées, pour qu'une mise à jour ne demande jamais d'entrer dans les animations. Chaque élément part en double : un MOV avec alpha pour la régie, ou une suite d’images et un MP4 de prévisualisation pour la validation client.
Un habillage de championnat doit pouvoir vieillir. Le format d'une compétition jeune s'ajuste d'une saison à l'autre, et chaque ajustement se répercute sur les tableaux, les bandeaux et les affiches de combat.
Le Final Four change de régime. La diffusion passe par un car régie, la salle reçoit son propre spectacle d'écran, et le dispositif est piloté en direct sur place, deux jours durant.
Crédits
Client — France Judo, Fédération Française de Judo et Disciplines Associées
Conception et direction artistique du système graphique, motion design — Benjamin Corneau, 16 CREATION STUDIO
Régie — vMix pour la saison régulière, car régie AMP Visual pour le Final Four
Outils — After Effects, Photoshop, Premiere Pro
Visuels — © France Judo / Judo Pro League
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